Champion de France, champion d’Europe et vice-champion du Monde U17, Maël Calmes a marqué de son empreinte la saison 2026. À seulement 16 ans, le pilote de Cournon s’est installé parmi les références mondiales de sa catégorie, avec une régularité et une maturité qui impressionnent.
Derrière les résultats, il y a aussi beaucoup de travail. Maël est réputé pour sa discipline, sa capacité à analyser ses performances et son envie constante de progresser. Bien entouré à Cournon, il bénéficie également d’un groupe d’entraînement qui semble particulièrement propice à la progression.
ERA BMX est allé à sa rencontre pour revenir sur son parcours, ses débuts, son quotidien à Cournon, sa méthode de travail, ses inspirations et bien sûr cette incroyable saison 2026.
Salut Maël ! Pour commencer, peux-tu te présenter rapidement à ceux qui ne te connaissent pas encore ? Quel âge as-tu, quand as-tu commencé le BMX et comment es-tu arrivé dans le milieu ?
Salut Pablo, moi c’est Maël Calmès, j’ai 16 ans et je fais du bmx race à haut niveau depuis maintenant quelques années. J’ai commencé le bmx par pur hasard à 4 ans(2014) car ma mère cherchait un sport dans lequel me lancer parce que j’avais trop d’énergie et ça fait maintenant 12 ans que je le pratique avec passion.

Peux-tu nous raconter ton parcours et les différentes étapes qui t’ont amené jusqu’à Cournon ?
Pour mon parcours il faut savoir que j’ai été dans 3 clubs différents pendant ces 12 années. J’ai commencé au club d’Issoire bmx en Auvergne, puis en 2019 j’ai dû déménager car mes parents sont de profession militaire donc j’ai été au club de Sucy en brie 94 en île de France. J’y suis resté pendant 3 ans. Pour finir une nouvelle fois suite à une mutation de mes parents j’intègre le club de Cournon d’Auvergne.
Aujourd’hui tu roules à Cournon et on a vraiment l’impression qu’il y a un groupe très solide autour de toi. Comment tu décrirais l’ambiance au club et ton groupe d’entraînement ?
L’ambiance au club est vraiment idéale pour progresser. Il y a un très bon suivi au sein du club, le président et les membres de l’administration sont très à l’écoute des besoins des pilotes.
Les sessions de training avec les autres pilotes, est-ce que cette émulation te tire vers le haut ? Est-ce que vous vous poussez les uns les autres pour progresser ?
Personnellement je trouve ça bénéfique de travailler avec un bon groupe où il y a un équilibre et des niveaux différents car cela nous permet parfois de voir les choses d’une autre manière et surtout de se pousser vers le haut et de se soutenir dans les bons moments mais aussi dans les plus difficiles.
Pour moi ce qui a fait la différence c’est de vouloir battre les meilleurs pilotes du club c’est ce qui me pousse à donner le meilleur de moi même à chaque entraînement.
Qui sont tes entraîneurs aujourd’hui et comment travaillent-ils avec toi ? Est-ce qu’ils ont chacun un rôle différent dans ta progression ?
À Cournon nous avons deux coachs qui sont Ronan Perrot et Théo Rivoire.
Moi je suis principalement suivi par Théo pour la préparation physique et l’aspect technique mais Ronan joue également un rôle dans ma progression car c’est avec lui que j’échange sur les courses pour tout ce qui est gestion de course à adopter selon les pistes. C’est grâce à eux aujourd’hui si j’ai atteint ce niveau car ils ont su s’adapter au travail que j’avais déjà fait avec mes anciens coachs et ils sont très à l’écoute et j’échange énormément avec eux.
On entend souvent dire que tu es quelqu’un de très discipliné et que tu sais particulièrement bien t’auto-évaluer. D’où te vient cet état d’esprit ? C’est quelque chose qu’on t’a appris ou que tu as développé naturellement ?
Oui c’est vrai que je suis quelqu’un réfléchi beaucoup et qui m’auto-évalue à la fin de chaque course en plus des retours que les coachs m’apportent quand il y en a besoin bien sûr. Cette « capacité d’analyse » me vient de mes parents qui m’ont appris à faire des retours personnels dans le sport et dans la vie de tous les jours. Puis avec l’expérience et les nouvelles choses apprises au long de ma progression je les adapte pour les fois prochaines si besoin.
Quand tu analyses une course ou un entraînement, comment ça se passe concrètement ? Tu arrives à identifier tout seul ce qui doit être amélioré ou tu as besoin du regard de ton entourage ?
A des moments, après une course ou un entraînement avec l’expérience je dirai que maintenant j’arrive à faire une analyse entre guillemets seul même si c’est important d’avoir un point de vue extérieur pour et prendre les conseils.
Cette capacité à te remettre en question, est-ce que tu penses que c’est aujourd’hui l’une des clés qui te permet d’être parmi les meilleurs pilotes du monde de ta catégorie ?
Je pense qu’ arriver à un certain niveau il est important d’avoir cette remise en question car cela permet de voir des choses que les coachs ou ton entourage ne verront pas forcément. Je dirai juste que c’est important de bien se connaître et d’être capable de se remettre en question et tout le temps de chercher à améliorer ce qui ne vas pas et ce qui nous empêche de progresser.
Est-ce que tu as des pilotes que tu admires particulièrement ? Qui sont tes idoles dans le BMX et qu’est-ce que tu apprécies chez eux ?
Je n’ai pas vraiment d’idoles ou des pilotes que j’admire mais j’aime beaucoup voir rouler deux pilotes qui sont Evan Oliviera car il est arrivé au top niveau très jeune ce qui me motive à faire de même voir mieux et le deuxième est Mathis Ragot Richard car j’aime beaucoup son pilotage et je me base également sur l’expérience qu’il a acquis au cours de ses années au top niveau.
Est-ce qu’il y a un pilote dont tu observes particulièrement le pilotage ou la manière de travailler, même parmi tes concurrents, et dont tu essaies de t’inspirer ?
Oui comme dit ci dessus je regarde beaucoup le style de pilotage de Mathis Ragot Richard. Pour la manière de travailler je ne me base pas sur d’autre pilote car je me dis que chacun est différent et n’a pas les mêmes choses à travailler pour pouvoir progresser.
Champion de France, champion d’Europe et vice-champion du Monde U17… Sur les championnats, difficile de faire beaucoup mieux ! Quand tu regardes ta saison 2026 dans son ensemble, qu’est-ce que tu en retiens ?
Oui c’est vrai que la saison que j’ai réalisé au niveau des championnats est presque parfaite et j’en suis très content même si j’aurais aimé réaliser le triplet mais bon cela signifie qu’il me reste encore des choses à travailler pour pouvoir décrocher ce titre dans les années à venir. Je retiens beaucoup de bonnes choses de cette saison passée. Les résultats et objectifs que je m’étais fixés ont pratiquement tous été atteints. J’ai encore appris et engrangé de l’expérience qui va je pense beaucoup m’aider dans les catégories supérieures.


Comment s’est passé ton début de saison ? Est-ce que tu savais dès les premières courses que tu avais le niveau pour jouer les titres cette année ?
À vrai dire après ma saison de l’année dernière ( vice champion d’Europe et de France et un crash en demie au championnat du monde alors que j’étais dans les places qualificatives) cette année j’avais vraiment envie de faire mieux. C’est pour cela que j’ai travaillé dur. Oui je savais que j’avais de grandes chances de gagner ces championnats mais je savais également que ça n’allait pas être facile et que ce n’était pas une certitude.
Tu as réussi à être présent au meilleur moment sur les trois grands rendez-vous : France, Europe et Monde. Comment se prépare-t-on pour être au top précisément le jour J ? Est-ce que ta préparation est différente avant ces trois compétitions ?
Pour les championnats je dirai qu’il faut vraiment se préparer de manière sérieuse, ce que je veux dire par là c’est qu’il faut travailler avec plus d’envie que le reste de la saison et surtout ne pas se faire envahir par le stress du « je ne dois pas me rater car c’est un championnat » même si ce n’est pas facile quand on sait ce que nous sommes capables de faire sur cette course précise. Pour ma part j’ai préparé ces courses en me basant sur les erreurs commises les courses précédentes pour éviter de les refaire le jour J.
Si tu devais choisir un seul moment de ta saison 2026 à revivre, lequel ce serait ?
Si je devais choisir un moment à revivre je dirai que ce serait la finale du championnat d’Europe, la cérémonie des récompenses et le lendemain de la course. J’ai vraiment aimé ce moment car être sacré champion d’Europe en France, devant un public français et chanter la Marseillaise en portant le maillot c’est vraiment quelque chose de spécial, que j’avais vraiment envie de réaliser un jour ! Pour le lendemain c’est que je me suis réveillé comme tous les jours et en allumant mon téléphone j’ai reçu des messages de pleins de personnes, de mes concurrents et même de certains élites ce qui m’a vraiment touché.
Quand tu arrives en finale d’un Championnat du Monde ou d’Europe, avec tout ce qui est en jeu, qu’est-ce qui se passe dans ta tête ? Tu arrives à faire abstraction de l’enjeu pour simplement te concentrer sur ton départ et ta course ?
C’est une bonne question, arrivée à ce point là de la compétition je me dis simplement que c’est du bonus et que je peux gagner mais je ne me mets pas de pression car j’ai confiance en mes capacités et je connais les choses dans lesquelles je suis moins bon. C’est pour cela que je pense qu’il faut bien se connaître soi même avant de connaître ses adversaires. Je me conditionne toute la journée afin d’être prêt mentalement au moment de la finale pour donner le meilleur de moi même.
Pour terminer, quels sont tes objectifs pour la suite ? Et bien sûr, qui souhaites-tu remercier pour t’avoir accompagné dans cette très belle saison 2026 ?
Mes objectifs pour la suite sont bien sûr de continuer à progresser pour un jour devenir un très grand pilote. Au niveau des résultats ça serait bien sûr de gagner les championnats dans des catégories supérieures et format butte à huit. J’espère également pouvoir intégrer l’équipe de France un jour et y rester le plus longtemps possible.
Et pour mon projet « à long terme » j’aimerais bien sûr participer aux JO et représenter fièrement les couleurs de la France.
Pour finir j’aimerais bien évidemment remercier mes parents et mon entourage qui sont là tous les jours pour me soutenir et me pousser vers le haut.
Un grand merci également à mes coachs, mon club et le team PROSTART pour le suivi sportif.
Et un grand merci à ERABMX pour m’avoir invité à faire cette interview !!!

Merci Maël !!! Et une fois de plus merci à Kaptur Photographie et Baptiste Nicoud pour les photos !











