Passionné de BMX depuis plus de vingt ans, Pierre-Louis Saillet, aka Pilou, est une figure bien connue de la scène normande (et du plublic de Caen avec ses backflips sur toutes sortes de vélos). Pilote engagé, bénévole investi et organisateur du Caen BMX Indoor depuis quelques années maintenant, il œuvre chaque hiver pour faire vivre l’un des plus grands événements BMX indoor de France. Entre parcours personnel, engagement associatif et coulisses d’un événement d’envergure, il nous raconte son parcours, sa vision du BMX et les défis liés à l’organisation de l’Indoor de Caen.
Peux-tu te présenter ?
Pierre-Louis Saillet, 35 ans, né à Caen… numéro de sécu 1 90 09 14 11X 345 XX 🤣… J’ai commencé le BMX parce qu’un copain en faisait quand j’avais 10 ans. C’est donc ma 26e licence cette année.


Raconte-nous rapidement l’histoire de l’Indoor de Caen. Depuis quand as-tu repris les rênes et quel a été l’élément déclencheur ?
Le Caen BMX Indoor a été créé par Sylvain Huet en 2009, avec l’idée de reproduire le Supercross de Bercy à Caen et de ramener un show à l’américaine, avec les stars du BMX, pour faire rêver les gosses.
Après 10 éditions, il souhaitait arrêter. J’étais plus ou moins le seul à avoir vu toutes les éditions, j’avais occupé un peu tous les postes en tant que bénévole, donc naturellement tout le monde s’est tourné vers moi pour reprendre.
On a fait la 10e édition ensemble en 2020, puis j’ai repris derrière… sans trop être prêt 😜
Si je ne me trompe pas, l’édition 2025 devait être la dernière… Pourquoi une nouvelle édition ?
Honnêtement, on ne se rend pas compte du travail que ça représente tant qu’on ne le vit pas de l’intérieur.
D’année en année, il y a toujours de nouvelles normes de sécurité, de nouveaux problèmes à gérer, et des budgets toujours plus importants. Ça devenait compliqué à réaliser pour de simples passionnés. Personne ne voulait reprendre le flambeau, donc j’avais pris la décision d’arrêter.
Et puis la société Playground, notamment Jean-Lou Peulot, qui connaît très bien le BMX (ancien responsable du Vélodrome National de SQY, organisateur des Championnats de France à Massy et de World Cups à SQY), est arrivée. Ce n’était pas juste une boîte parisienne qui voulait reprendre sans connaître l’ADN de l’événement. On s’est mis d’accord très tard, début novembre, mais on y est allés. On était le seul indoor à suivre, donc on a fait le pari d’organiser un Indoor 2026 malgré ce délai très court.
L’équipe avec laquelle je travaille est très très bonne, donc je savais qu’on pouvait le faire.
Il y a d’ailleurs un documentaire d’une heure sur YouTube, très bien fait, qui vous fait vivre la construction de l’Indoor de l’intérieur avec cette petite équipe de fous :
Tu as l’air bien entouré. Combien êtes-vous pour la préparation de l’Indoor ? Combien de bénévoles lors de l’événement ?
Oui, je suis très très bien entouré. J’adore dire que l’on est bénévole, mais on doit travailler comme des pros pour que tout soit nickel.
On est une dizaine à travailler 10 mois dans l’année, chacun avec ses missions, et au fil des années tout le monde monte en compétences pour améliorer l’événement.
La semaine de montage, on est entre 20 et 30, et le week-end il y a environ 280 bénévoles, répartis sur différents postes et créneaux horaires.
J’adore dire que l’on est bénévole, mais on doit travailler comme des pros {…} Le week-end il y a environ 280 bénévoles…
Quel budget représente une telle organisation ?
Ah… le budget, en quelle année ? 😅
En 2019, on était en dessous des 200 000 €. Aujourd’hui, on va dépasser les 300 000 €. C’est aussi pour ça que ça devenait compliqué pour des bénévoles comme nous d’aller chercher 300 000 € sur deux jours. À ce niveau-là, ça commence à être un vrai métier.
la Piste

Qui sera le constructeur de l’édition 2026 ?
Ce sera le gars roots ! Romain Racine – RR Track’s, soutenu par Rodolphe Péraguin, qui construiront la piste cette année.
L’association du jeune roots, encore très performant sur la piste, avec l’expérience de Rodolphe, qui a déjà œuvré au Parc Expo, sera parfaite pour cette édition.
On reste sur le même tracé (grand U – petit U) ?
Oui, on reste sur un U dans un U. On a essayé une année le M, mais ça faisait des virages trop fermés. On n’a pas assez de largeur entre les tribunes et les allées de sécurité, donc on ne peut pas faire beaucoup mieux.
Peux-tu nous donner quelques indices sur la future piste ?
Ça, c’est Roots qui va mettre sa petite patte.
Mais oui, on veut que ça saute en deuxième ligne pour le show !!! Et bien sûr, une table en dernière ligne, comme chaque année. Encore une fois, pour le show, parce qu’on adore le freestyle, les whips et les x-up quand vous êtes six en demi !


Y aura-t-il des virages en enrobé ?
Malheureusement non, pour deux raisons.
La première, c’est le budget. Ça ferait clairement monter la piste en gamme, mais est-ce que ça vaut vraiment 30 à 40 000 € pour une amélioration ? Sans enrobé, ça roule… moins bien certes, mais c’est pareil pour tout le monde. C’est un peu plus bicross.
La deuxième raison, c’est le temps. Il nous faudrait le Parc Expo au minimum trois jours de plus pour pouvoir monter des virages en enrobé.
Animations et riders
Qu’est-il prévu cette année ? Et avec quoi vas-tu faire un flip cette année ?!
J’avoue que c’est mon grand plaisir du week-end : faire des flips dans une ambiance de malade !
Bien sûr, il y aura toujours le Salon des sports Urbain en parallèle du BMX, avec plein de démonstrations et d’initiations : parcours, breakdance, double dutch, VTT trial…
Toutes ces disciplines qu’on essaiera de ramener sur la piste le samedi soir pour un grand show à l’américaine !








Quel a été le record d’affluence ?
Il y a plus de 1 500 places assises dans les tribunes, donc c’est compliqué à dire précisément, mais je pense qu’on est à 3 000 à 3 500 personnes le samedi soir, et entre 6 000 et 7 000 visiteurs sur l’ensemble du week-end.
Trois champions du monde sur l’affiche 2026, c’est du jamais vu non ?
Pour la petite histoire, j’avais demandé à Arthur Pilard, qui est un peu chez lui à notre Indoor après son titre de champion du monde, s’il voulait être sur l’affiche. On devait faire le shooting à Saint-Quentin-en-Yvelines, et le hasard a fait que Evan et Alexis étaient là au même moment. Je leur ai demandé s’ils voulaient se joindre à nous.
Voilà comment on s’est retrouvés avec une affiche à trois champions du monde. C’était incroyable d’avoir ces trois maillots alignés sur une même photo.
Malheureusement, Evan et Alexis ne sont pas certains d’être là, en revanche Arthur est très attaché à notre Indoor, et ça nous fait énormément plaisir de l’avoir avec son plus bel arc-en-ciel.

D’autres têtes d’affiche sont attendues ?
C’est toujours compliqué dans un Indoor d’avoir un très gros plateau élite. On a augmenté les primes, mais attirer de grosses têtes reste un vrai sujet. On aura quand même le maillot arc-en-ciel élite d’Arthur sur la piste, ce qui est déjà énorme.
Il y aura des Anglais, Des hollandais Justin Kimman est inscrit.
Chez les filles, malheureusement Bethany revient de blessure, elle ne pourra pas être là. Axel Étienne non plus. On compte sur notre Léa Brindjonc, vice-championne de France, pour briller à domicile, à moins qu’une jeune comme Louise Pottier, tenante du titre, ne vienne chatouiller les “anciennes” !
Vision et avenir
Qu’aimerais-tu améliorer pour les prochaines éditions ?
Les virages en enrobé, évidemment.
Mais aussi côté animations : je rêve d’une tyrolienne au-dessus des tribunes, qui longerait la deuxième ligne droite, avec les pilotes qui sautent à côté de toi, les tribunes sous tes pieds… ça pourrait être fou.
Et surtout, toujours plus de show. Pour moi, les gens viennent avant tout pour un spectacle : scénariser les demis, les finales, faire de belles présentations pour que le grand public s’intéresse à notre sport.
Je rêve d’une tyrolienne au-dessus des tribunes, qui longerait la deuxième ligne droite, avec les pilotes qui sautent à côté de toi, les tribunes sous tes pieds… ça pourrait être fou.
L’Indoor BMX a-t-il encore un rôle majeur à jouer pour le développement du BMX race ?
Oui, je pense. Mais c’est compliqué quand on voit que la FFC ne nous a pas accordé le statut de course nationale.
Il faudrait peut-être s’associer avec plusieurs villes, comme un championnat indoor à l’époque, ou nous intégrer au classement de la Coupe de France avec une répartition de points différente.
Il y a clairement quelque chose à travailler pour pérenniser les Indoors, car c’est là qu’on attire le plus grand public je trouve et du coup les partenaires et du coup plus de budget
À quoi ressemblerait l’Indoor BMX idéal dans 5 ou 10 ans ?
Avoir des marques qui investissent davantage, pour augmenter le budget et proposer quelque chose de plus qualitatif encore même si on est déjà au top !
Peut-être aussi intégrer d’autres sports liés au vélo, comme du cyclo-cross, un peu à la manière de ce que faisait Avignon.
Mais encore une fois, ce que les gens viennent chercher, c’est une distraction et un show, et c’est ce qu’il faut leur offrir.
Conclusion
Résume l’Indoor de Caen en une phrase. Vends du rêve !
Pour les pilotes :
👉 une piste rapide, des tribunes collées à la piste, et une ambiance de folie que tu ne retrouveras sur aucune course extérieure.
Pour les spectateurs :
👉 un vrai show, et de quoi s’occuper tout le week-end avec énormément d’animations et de démonstrations.
Des remerciements ?
- Sylvain Huet, d’avoir créé cet événement
- La Ville de Caen, le Département, la Région, sans qui rien ne serait possible
- Tous les partenaires privés
- Playground, pour nous suivre dans cette aventure
- Toute mon équipe de cinglés, qui rempile chaque année 🫶
- Et bien sûr les 280 bénévoles du week-end
📍 Rendez-vous les 28 février et 1er mars 2026 à Caen pour un pur week-end de folie !











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