Dans le BMX français, certains noms reviennent régulièrement lorsqu’il s’agit d’accompagner les pilotes vers le haut niveau. Celui de Nicolas Arschoot en fait partie.
Ancien pilote Elite, entraîneur, préparateur physique puis spécialiste de la préparation mentale, il a construit au fil des années une expérience rare dans le BMX Race et plus largement dans les sports à haute intensité. Passé par l’Équipe de France, il a accompagné de nombreux pilotes internationaux et participé à plusieurs des plus grandes réussites du BMX français de ces dernières années.
Mais derrière les programmes d’entraînement, les podiums et les performances, Nicolas s’intéresse avant tout à l’humain. Une vision qui l’a progressivement conduit à explorer la préparation mentale, convaincu que la performance ne se résume jamais uniquement au physique ou à la technique.
Pour ERA BMX, il revient sur son parcours, sa vision de l’entraînement moderne, les spécificités du BMX Race et l’importance grandissante du mental dans la quête de performance.
In French BMX, certain names come up time and again when it comes to guiding riders to the highest level. Nicolas Arschoot is one of them.
A former Elite rider, coach, strength and conditioning specialist, and now a mental performance coach, he has built up a rare breadth of experience over the years in BMX Race and, more broadly, in high-intensity sports. Having worked with the French National Team, he has supported numerous international riders and contributed to some of the greatest successes in French BMX in recent years.
But beyond training programs, podium finishes, and performance results, Nicolas is above all interested in the human side of sport. This perspective gradually led him to explore mental performance coaching, convinced that success can never be reduced solely to physical abilities or technical skills.
For ERA BMX, he looks back on his journey, shares his vision of modern coaching, discusses the unique demands of BMX Race, and explains the growing importance of mental preparation in the pursuit of peak performance.
Pour commencer, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ? To start, could you introduce yourself and tell us about your background?
Hello, je m’appelle Nicolas Arschoot (Nics Training). J’ai 46 ans et j’ai commencé le BMX à l’âge de 4ans dans le Nord de la France, j’ai roulé en compétition jusque l’âge de 36 ans. J’ai eu la chance d’avoir sur un même site, au bout de la rue où j’ai grandi, une piste de BMX et de Motocross l’une à côté de l’autre. À l’âge de 18 ans, je suis passé Élite. J’ai stoppé à l’âge de 36 ans donc autant dire que des générations j’en ai vue passer.
Quand j’ai stoppé la compétition je suis devenu entraîneur-préparateur phyisique. Depuis 3 ans et à travers les expériences de terrain que j’ai pu avoir grâce aux différents pilotes que j’accompagne, je me suis orienté vers l’accompagnement mental dans la performance sportive. Et c’est dans ce domaine que je me suis spéicalisé ces dernieres années en réalisant différentes formations.
En ce qui concerne mon parcours… J’ai souvent cette question qui revient sur mon parcours, notamment à travers des mails ou messages que je peux recevoir de jeunes et moins jeunes qui souhaitent s’orienter vers le coaching.
Je vais donc commencer par mon parcours scolaire qui n’a pas été une évidence. Pendant longtemps, je ne trouvai pas de sens dans ce que j’apprenais et j’ai mis du temps à comprendre ce que l’école pouvait rééllement m’apporter. Le déclic est arrivé en STAPS, lorsque j’ai relié les apprentissanges à un projet qui m’animait à l’époque, c’est à dire devenir professeur d’EPS : ACCOMPAGNER ET TRANSMETTRE.
Aujourd’hui encore, cette experience nourrit ma vision de l’accompagement des sportifs tant sur la plan physique que mental : je crois que l’engagement et la progression naissent moins de l’obligation que du sens que chacun donne à ce qu’il vit. Avant de chercher à faire progresser quelqu’un, il faut d’abord selon moi l’aider à se connecter à ce qui l’anime et ce qui le rend heureux.
Les differentes formations et diplômes que j’ai suivi sont les suivantes :
- BF1-2-3
- le brevet d’état option activités du cyclisme
- Licence STAPS
- DU Préparation physique
- DU Préparation mentale
- Formation BMO academy : neuro sciences et sciences cognitives
- Actuellement en formation EDUPSY 1ere année école de psychanalyse
Hello, my name is Nicolas Arschoot (Nics Training). I’m 46 years old, and I started BMX at the age of four in northern France. I competed in BMX until I was 36. I was fortunate to grow up with both a BMX track and a motocross track located at the end of my street, right next to each other. At 18, I moved up to the Elite category, and I continued racing until I was 36, so it’s fair to say I’ve seen several generations of riders come and go.
When I retired from competition, I became a coach and strength & conditioning trainer. Over the past three years, through the experience I’ve gained working closely with the athletes I support, I’ve increasingly focused on the mental side of sports performance. It’s an area in which I’ve specialized in recent years through a range of dedicated training programs and certifications.
As for my background, I’m often asked about the path I took, especially through emails and messages I receive from aspiring coaches of all ages who are looking to enter the profession.
I usually start with my academic journey, which was far from straightforward. For a long time, I struggled to see the purpose in what I was learning and it took me years to understand what education could truly bring me. The turning point came when I enrolled in STAPS (Sports Science), where I was finally able to connect my studies to a project that genuinely motivated me at the time: becoming a physical education teacher. In other words, helping others grow and passing on knowledge.
Even today, that experience continues to shape my approach to athlete development, both physically and mentally. I believe that commitment and progress come less from obligation and more from the meaning each person gives to what they do. Before trying to help someone improve, I think it’s essential to first help them reconnect with what drives them and what truly makes them happy.
The qualifications and certifications I have completed include:
- BF1, BF2 and BF3 Coaching Certifications
- State Diploma in Cycling Activities (Brevet d’État, Cycling Specialization)
- Bachelor’s Degree in Sports Science (STAPS)
- University Diploma in Strength & Conditioning
- University Diploma in Mental Performance Coaching
- BMO Academy Training in Neuroscience and Cognitive Sciences
- Currently enrolled in the first year of the EDUPSY Psychoanalysis Program
These various educational experiences have allowed me to develop a multidisciplinary approach to athlete support, combining physical preparation, mental performance coaching, neuroscience, and a deeper understanding of human behavior.



D’ailleurs, petite anecdote sympa, le 7ème de cette même finale n’est autre que l’actuel sélectionneur de l’équipe de France…
Comment es-tu arrivé dans la préparation physique et dans le sport de haut niveau ? How did you get into strength & conditioning and high-level sport?
Je suis arrivé dans la préparation au club de lempdes ou j’ai commencé à réaliser des programmes d’entrainement pour les pilotes élites du club en 2007.
Puis en 2013 j’ai décidé de me spécialiser dans ce domaine en passant un DU de préparateur physique à l’université de Dijon. Puis en 2014, au club de dardilly ou je roulais pour la DN, j’ai rencontré Amidou MIR, pilote élite du pôle national de Bourges. Fraîchement diplômé, sans la moindre référence, il m’a fait confiance. Il a été mon véritable détonateur : grâce à lui et surtout à ses performances – une deuxième place en coupe du monde et une qualification aux JO de 2016 – tout a changé pour moi.
En 2017, j’ai rejoint l’équipe de France en tant qu’entraîneur principal. Ce passage a été une véritable révélation dans mon parcours : j’ai enfin eu accés à un monde que j’entrevoyais sans pouvoir y pénétrer seul. Collaborer avec des chercheurs, fréquenter l’INSEP, côtoyer ce qui se faisait de mieux dans le sport de haut niveau français. Ces échanges entre entraîneurs de disciplines différentes ont enrichi ma vision et ma pratique de la préparation physique.
I came into strength & conditioning at the Lempdes club, where I started designing training programs for the club’s Elite riders in 2007.
Then, in 2013, I decided to specialize in this field by completing a University Diploma in Strength & Conditioning at the University of Dijon. In 2014, while I was riding for the DN team at the Dardilly club, I met Amidou MIR, an Elite rider from the Bourges national training center. Freshly qualified and without any real references at the time, he placed his trust in me. He became a real turning point in my journey: thanks to him, and especially his performances—a second place in a World Cup and qualification for the 2016 Olympic Games—everything changed for me.
In 2017, I joined the French national team as head coach. This experience was a real revelation in my career: I finally gained access to a world I had only been able to observe from the outside. I worked alongside researchers, spent time at INSEP, and interacted with some of the very best in French high-performance sport. These exchanges with coaches from different disciplines significantly enriched my vision and practice of strength & conditioning.
Partie 1 – Préparation physique & BMX Race / Part 1 – Strength & conditioning and BMX Race
Le BMX Race est souvent perçu comme un sport explosif. Pour toi, en quoi est-ce un sport complet physiquement ? BMX Race is often seen as an explosive sport. In your view, why is it a complete physical sport?
Le BMX race est souvent réduit à a sa dimension explosive, mais c’est en réalité un sport d’une richesse physique remarquable. Il sollicite l’ensemble du spectre des qualités physiques :
EXPLOSIVITE ET FORCE : indispensables et facteurs de performance indispensables pour produire une puissance maximale en une fraction de seconde.
QUALITÉS ALACTIQUES : qui entrent en jeu sur les premières secondes de course dans la première ligne droite
QUALITÉS LACTIQUES : essentielles sur un tour de piste qui dure en moyenne entre 30 et 40 sec à pleine intensité.
QUALITÉS AEROBIES : très et même trop souvent sous-estimés dans les sports de sprint. Et encore plus au BMX pour tenir une journée de compétition entière. La capacité à récupérer vite entre les manches est déterminante.
D’ailleurs pour revenir sur Amidou c’est une qualité que nous avons beaucoup développé chez lui.
LA TECHNIQUE : j’aurais peut être du en parler en premier car selon moi et dans toutes les discilplines c’est le socle essentiel et la base du pilote complet. Car elle va conditionner tout le reste : lecture de la piste, prises de décisions, diminution du coût énergétique car facilité à garder la vitesse sur le tour de piste…
N’hésitez pas à varier les disciplines dirt, skate park, street…
Pour conclure, bien que la force et l’explosvité sont des facteurs de performance dans le BMX Race n’oubliez pas aussi de développer les autres qui restent des facteurs d’entrainements qui vont faire de vous un pilote complet.
BMX Race is often reduced to its explosive component, but in reality it is a sport of remarkable physical complexity. It recruits the full spectrum of physical qualities:
EXPLOSIVENESS AND STRENGTH: essential performance factors required to produce maximal power in a fraction of a second.
ALACTIC CAPACITIES: which come into play during the first seconds of a race, especially in the first straight.
LACTIC CAPACITIES: essential over a lap that typically lasts between 30 and 40 seconds at full intensity.
AEROBIC CAPACITIES: very often—and even too often—underestimated in sprint sports, and even more so in BMX, where they are crucial for sustaining an entire day of competition. The ability to recover quickly between heats is decisive. In this regard, Amidou is a good example, as it is a quality we developed significantly with him.
TECHNICAL SKILLS: I probably should have mentioned this first, because in my view, across all disciplines, it is the essential foundation of a complete rider. It conditions everything else: track reading, decision-making, and reduced energy cost through the ability to maintain speed throughout the lap.
It is also important to vary disciplines such as dirt, skatepark, and street riding.
To conclude, although strength and explosiveness are key performance factors in BMX Race, it is important not to neglect the others, which are training factors that ultimately make a rider complete.
Tu as travaillé avec des athlètes issus du BMX, du VTT descente et du motocross. Est-ce que le BMX t’a servi de base pour préparer ces sportifs dans d’autres disciplines ? You have worked with athletes from BMX, downhill mountain biking, and motocross. Has BMX served as a foundation for preparing athletes in other disciplines?
Le BMX Race comme on l’a vu juste au dessus est l’un des rares sports ou un athlète doit être à la fois puissant, endurant, explosif et techniquement précis. C’est ce qui en fait, pour moi, un sport complet dans le sens le plus fort du terme.
Donc oui cette richesse globale en fait une base idéale pout intervenir dans d’autres sports comme le VTT descente ou le motocross.
Mais le bmx ne demande pas que des qualités physiques et techniques : le mental y joue un rôle majeur. Gestion des émotions, prise de risque, concentration et décisions rapides face aux adversaires sont essentielles dans un sport où tout se joue en quelques secondes.
As we discussed earlier, BMX Race is one of the rare sports where an athlete must be simultaneously powerful, endurance-capable, explosive, and highly technically precise. This is what makes it, in my view, a truly complete sport in the fullest sense.
So yes, this overall richness makes it an ideal foundation for working in other disciplines such as downhill mountain biking or motocross.
But BMX is not only about physical and technical qualities: the mental aspect also plays a major role. Emotional control, risk management, concentration, and the ability to make quick decisions under pressure are essential in a sport where everything is decided in just a few seconds.





Existe-t-il un sport qui se rapproche du BMX Race en termes d’exigences physiques ? Is there a sport that comes close to BMX Race in terms of physical demands?
Si je devais citer un sport aux exigences physiques proches du BMX race, je dirais sans hésiter le rugby à 7. Car comme en BMX les joueurs doivent enchaîner des sprints courts et intenses, produire des efforts explosifs répétés pour accélérer, plaquer et se relever.
La capacité à répéter des efforts max avec une récupération parfois incomplète est au cœur des deux sports. C’est donc pour moi cette combinaison d’explosivité, de puissance et d’endurance à haute intensité qui les rapproche.
If I had to name a sport with physical demands similar to BMX Race, I would say without hesitation rugby sevens. Like BMX, players must repeatedly perform short, intense sprints and produce explosive efforts to accelerate, tackle, and get back up.
The ability to repeat maximal efforts with sometimes incomplete recovery is at the heart of both sports. For me, it is this combination of explosiveness, power, and high-intensity endurance that makes them comparable.
Partie 2 – Préparation mentale & haut niveau / Part 2 – Mental preparation and high performance
Tu es aujourd’hui aussi reconnu pour ton travail en préparation mentale. Comment s’est faite cette transition depuis la préparation physique ? You are now also recognized for your work in mental performance. How did this transition from physical preparation come about?
Cette transition s’est faite naturellement, au contact des sportifs de haut niveau que j’accompagnais. Avec des échéances majeures, un rythme de compétition intense et des enjeux considérables comme les JO par exemple, j’ai rapidement compris qu’il se passait autre chose que le physique et la technique dans la performance.
L’un des derniers exemples qui m’a fortement marqué, c’est Sylvain André lors des JO de Paris 2024. Il s’était cassé le bras lors de la dernière coupe du monde en Argentine juste avant l’hiver, ce qui a sérieusement compromis sa préparation pour 2024. Avec un volume d’entraînement très réduit par rapport aux autres années, il a pourtant réalisé deux résultats exceptionnels en 2024 : podium aux championnats du monde qui lui a permis de décrocher son ticket olympique puis médaille d’argent à Paris.
Et j’ai aussi d’autres exemples, avec d’autres athlètes, tant féminin que masculin capables de performances extraordinaires dans des contextes difficiles. C’est pourquoi et grâce à mes expériences de terrain, j’ai réalisé qu’il existait une dimension que je voulais comprendre davantage.
This transition happened naturally through my work with high-level athletes. With major deadlines, an intense competition schedule, and significant stakes such as the Olympic Games, I quickly realized that performance is about much more than just physical and technical aspects.
One of the most striking recent examples for me is Sylvain André at the Paris 2024 Olympic Games. He broke his arm at the final World Cup in Argentina just before winter, which seriously compromised his preparation for 2024. With a much lower training volume compared to previous seasons, he still delivered two outstanding performances in 2024: a podium finish at the World Championships, which secured his Olympic qualification, and then a silver medal in Paris.
I also have other examples, with both female and male athletes, who have achieved extraordinary performances in very difficult contexts. It was through these field experiences that I realized there was a dimension I wanted to understand much more deeply.


Pourquoi avoir choisi d’explorer cet aspect alors que tu étais déjà au plus haut niveau avec tes athlètes sur le plan physique ? Why did you choose to explore this aspect when you were already working at the highest level with your athletes on the physical side?
La conviction profonde que j’ai développé au contact des meilleurs athlètes mais aussi des plus jeunes en club : le mental peut faire toute la différence en compétition. Je l’ai vu, je l’ai vécu. Et j’avais envie de maîtriser cette dimension-là autant que j’avais maîtrisé la préparation physique.
Le jour J, l’athlète est seul avec son vélo, il doit s’adapter en permanence et trouver des solutions par lui-même. Cette capacité ne s’improvise pas en course, elle se construit en amont tout comme le travail physique.
Mais il y a aussi un autre aspect qui m’intéresse, c’est que la préparation mentale ne concerne pas uniquement les athlètes mais aussi le groupe dans sa globalité. Dans les sports de haut niveau, la qualité des relations, la communication et l’équilibre émotionnel au sein du staff ont également un impact direct sur la performance.
Lors des longues périodes de déplacement et lorsque les compétitions s’enchainent, athlètes et staff forment un véritable système où chacun influence les autres. C’est pourquoi un collectif qui fonctionne bien crée un environnement plus serein et plus efficace pour permettre aux sportifs d’exprimer leur plein potentiel : la performance est systémique.
My deep conviction, developed through contact with both top-level athletes and younger riders at club level, is that the mental side can make all the difference in competition. I have seen it, I have experienced it. And I wanted to master this dimension just as much as I had mastered physical preparation.
On race day, the athlete is alone with their bike; they must constantly adapt and find solutions on their own. This ability cannot be improvised during competition—it has to be built in advance, just like physical training.
There is also another aspect that interests me: mental preparation does not only concern the athlete, but also the group as a whole. In high-performance sport, the quality of relationships, communication, and emotional balance within the staff also has a direct impact on performance.
During long travel periods and back-to-back competitions, athletes and staff form a true system where everyone influences one another. A well-functioning collective creates a calmer and more efficient environment that allows athletes to express their full potential. Performance is systemic.
Quelles formations ou quels parcours sont nécessaires pour devenir préparateur mental aujourd’hui ? What training or background is required today to become a mental performance coach?
J’ai commencé par une formation auprès d’un préparateur mental qui accompagnait un de mes athlètes que je suivais sur le côté physique.
Puis ensuite, j’ai passé le DU de préparation mentale à l’université de Clermont-Ferrand. J’ai découvert quelque chose d’important : il n’existe pas, en France, de diplôme vraiment reconnu et réglementé pour exercer ce métier. Concrètement, n’importe qui peut aujourd’hui se revendiquer préparateur mental sans formation spécifique.
De mon côté, j’ai choisi de continuer à me former sérieusement. J’ai suivi une formation en neuro-sciences et je suis actuellement en formation pour devenir psycho-praticien, afin d’intégrer une dimension plus psychologique dans mes accompagnements.
Mais si je devais mettre en avant une chose vraiment essentielle pour exercer ce métier avec intégrité, c’est le travail sur soi, ce qu’on appelle l’analyse didactique. Avant d’accompagner les autres, il faut explorer ses propres zones d’ombres et ses fonctionnements.
I started with training alongside a mental performance coach who was working with one of the athletes I was supporting on the physical side.
Then I completed a University Diploma in Mental Preparation at the University of Clermont-Ferrand. There, I discovered something important: in France, there is no truly recognized or regulated qualification for this profession. In practical terms, anyone can currently call themselves a mental performance coach without specific formal training.
For my part, I chose to continue training seriously. I completed education in neuroscience and I am currently training to become a psycho-practitioner, in order to integrate a deeper psychological dimension into my work.
But if I had to highlight one essential element for practicing this profession with integrity, it would be self-work—what is known as didactic analysis. Before supporting others, you must explore your own blind spots and internal functioning.
As-tu une approche particulière dans ton travail mental avec les sportifs de haut niveau ? Do you have a specific approach in your mental work with elite athletes?
Je n’ai pas d’approche figée. Ma philosophie, c’est de partir avant de l’ahlète et de l’humain : de sa demande, ses besoins et sa personnalité. C’est ensemble que nous définissons le cadre de travail, et je vais m’adapter à ses demandes. On est dans une co-construction pour avancer à son rythme et non au mien.
I don’t have a fixed approach. My philosophy is to start from the athlete and the human being: their request, their needs, and their personality. Together, we define the framework of the work, and I adapt to their needs. It is a co-construction process, moving forward at their pace rather than mine.
Dans un sport comme le BMX Race, en quoi la préparation mentale est-elle déterminante ? In BMX Race, how important is mental preparation?
Dans un sport de confrontation directe comme le BMX Race, l’accompagnement mental est absolument déterminant. Par exemple au départ tout se joue en quelques secondes : la concentration doit être totale, les émotions maîtrisées, le mental prêt à performer sous pression face aux adversaires.
Concrètement, on va travailler la gestion émotionnelle pour ne pas se laisser déborder par les stress ou l’enjeu de la compétition. Mais aussi gérer ses peurs parfois face aux obstacles de la piste ou aux chutes.
La concentration pour rester focalisé sur sa propre exécution et peu importe les distracteurs externes ; par exemple le classique bruit sur la grille qui nous fait bouger avant les bips ou le voisin qui bouge qui va nous faire rater le start…
On peut bosser sur la fixation d’objectifs pour avoir un cadre clair et rester motivé sur les différentes années.
Mais aussi l’importance du travail de l’estime de soi quand on est en confrontation directe. Et que le regard des adversaires et du public est permanent ainsi que celui des entraineurs.
In a direct confrontation sport like BMX Race, mental support is absolutely crucial. For example, at the start, everything happens in a matter of seconds: concentration must be total, emotions controlled, and the mind ready to perform under pressure against opponents.
In practice, we work on emotional regulation so the athlete does not become overwhelmed by stress or competition stakes, as well as managing fear—sometimes related to track obstacles or crashes.
We also work on concentration, to stay focused on one’s own execution regardless of external distractions; for example, the classic noise on the gate that can make a rider move before the beep, or a competitor’s movement that can cause a missed start.
We can also work on goal setting to provide a clear framework and maintain motivation over multiple seasons.
And finally, self-esteem is essential in a direct confrontation environment, where the gaze of opponents, spectators, and coaches is constantly present.


Peux-tu nous partager une anecdote marquante avec un rider BMX que tout le monde connaît ? Do you have a memorable anecdote with a BMX rider that everyone knows?
J’en ai tellement mais je vais choisir Amidou je sais qu’il ne m’en voudra pas.
A l’époque j’étais pas du tout armé pour comprendre comment il avait pu réaliser cette performance.
La veille du championnat de France de Saint-Étienne en 2016, je reçois un coup de téléphone le vendredi en fin d’après midi. Je me souviens très bien, j’étais devant chez moi en préparant mes affaires, prêt à partir. C’est la fédé qui m’appelle vers 18H et qui me dit : « Demain Amidou ne peut pas participer aux championnats de France, son dossier médical de sportif de haut niveau est incomplet ».
Face à la situtation délicate, on trouve finalement in extremis un laboratoire prés de saint étienne ouvert le samedi matin le jour de la course.
Amidou à dormi dans sa voiture, devant le labo et fait sa prise de sang à 6h du matin pour espérer obtenir ses résultats avant la course qui se déroulé l’apres midi. Ce jour là, il est devenu champion de France élite. Zéro récupération, zéro conditions optimales sur le papier pour être performant mais un mental hors norme.
I have quite a few, but I’ll choose Amidou—I know he won’t mind.
At the time, I was not at all equipped to understand how he could achieve that performance.
The day before the French Championships in Saint-Étienne in 2016, I received a phone call late on Friday afternoon. I remember it very clearly: I was outside my house, getting my things ready to leave. It was the federation calling around 6 p.m. saying: “Tomorrow, Amidou cannot take part in the French Championships—his elite athlete medical file is incomplete.”
Given the delicate situation, we eventually managed, at the last minute, to find a laboratory near Saint-Étienne that was open on the Saturday morning of the race day.
Amidou slept in his car, in front of the lab, and had his blood test at 6 a.m. in the hope of getting his results back before the race scheduled for the afternoon. That day, he became Elite French Champion. Zero recovery, zero optimal conditions on paper to perform—but an extraordinary mental strength.
Partie 3 – Conseils & transmission / Part 3 – Advice and knowledge sharing
Quel conseil donnerais-tu à un parent de jeune pilote qui veut accompagner son enfant dans le BMX ? What advice would you give to a parent of a young rider who wants to support their child in BMX?
Mon premier conseil : faites confiance aux professionnels et aux structures qui encadrent votre enfant. Votre rôle normalement n’est pas d’entrainer vos enfants.
En tant que parent, votre place est dans la tribune, pas dans le guidon ou sur le vélo.
Pour finir, avoir une présence bienveillante et inconditionnelle : encourager et laisser vivre sa passion librement
My first piece of advice: trust the professionals and the structures that are in charge of your child’s development. As a parent, your role is not to coach your child.
Your place is in the stands, not on the bike or the handlebars.
Finally, maintain a supportive and unconditional presence: encourage them and let them live their passion freely.
Quel serait ton message à un rider qui souhaite progresser et atteindre le haut niveau ? What message would you give to a rider who wants to progress and reach the highest level?
C’est de prendre le temps et surtout de croire à 100% en son projet avec une équipe autour de lui. Même si l’élément principal reste le rider, c’est lui qui est au cœur de son projet.
Take your time, and above all, fully believe in your project with a strong team around you. Even if the main element remains the rider, they are the center of their own journey.
Et enfin, quels conseils donnerais-tu aux entraîneurs pour mieux encadrer leurs pilotes aujourd’hui ? And finally, what advice would you give to coaches to better support their riders today?
Travailler en binome si vous en avez la possibilité.
Fixer des objectifs clairs avec les pilotes, surtout dans les moments difficiles, ce qui permet de garder le cap, de maintenir la motivation et de ne pas se perdre en route. Et n’hésitez pas à les ajuster à la hausse ou à la baisse en cours d’année si la situation l’exige.
“Ce n’est pas parce que vous pensez quelque chose que c’est vrail…” Ce ne sont que vos – pensées et pas celles de vos athletes.
Je voudrais juste en profiter pour remercier les sportifs que j’ai croisé sur ma route ou avec qui je travaille encore car chaque parcours est singulier.
Également les différents staffs, mon club Gerzat BMX sans qui tous ça n’aurait pas été possible à la base. Malgré les semaines d’absence, jamais de reproche… très rare en étant salarié d’une structure.
Et merci à Mel, avec qui je partage ma vie depuis 2008, et qui gère tout avec sérénité quand je suis loin de la maison. Ce qui me permet de partir l’esprit libre et de me consacrer pleinement à l’accompagnement de mes athlètes.
Et erabmx.com pour le travail fait pour le BMX.
Work in pairs whenever possible.
Set clear objectives with your riders, especially during difficult periods, as this helps maintain direction, motivation, and prevents them from losing their way. And don’t hesitate to adjust those objectives up or down during the season if the situation requires it.
“Just because you think something doesn’t mean it is true…” These are only your thoughts, not those of your athletes.
I would also like to take this opportunity to thank the athletes I have crossed paths with or still work with today, because every journey is unique.
Also thank you to the various staff members, and my club Gerzat BMX, without whom none of this would have been possible in the first place. Despite the weeks away, there was never any reproach—something very rare when employed by a club.
And thank you to Mel, with whom I have shared my life since 2008, and who manages everything with calmness when I am away from home. This allows me to travel with peace of mind and fully dedicate myself to supporting my athletes.
And thank you to erabmx.com for the work done for BMX.







