Interview – Léonie Burgel

À seulement 17 ans, Léonie Burgel s’impose déjà comme l’un des profils les plus prometteurs du BMX français. Chronos qui flirtent avec ceux des élites, régularité sur les manches nationales et européennes, et passage remarqué chez Royalty BMX : la jeune rider franchit un cap cette saison. Entre ambitions internationales, exigence quotidienne et équilibre avec les études, elle trace sa route avec détermination. Pour ERA BMX, elle revient sur son parcours, ses objectifs… et les prochaines étapes d’une progression qui ne laisse rien au hasard.

Salut Léonie, pour ceux qui ne te connaissent pas (ou peu !), présente toi rapidement s’il te plaît.

Salut ! Je m’appelle Léonie Burgel, j’ai 17 ans et je suis en première année u19. Je suis passionnée de BMX depuis plusieurs années, et aujourd’hui ça fait vraiment partie de mon quotidien. Je roule sur Royalty et fais partie de la DN Auber 93 

Tu dis avoir été inspirée par tes frères : ils faisaient du BMX aussi ? Tu te souviens de ta première compétition ? 

Oui complètement ! Mes frères faisaient déjà du Bmx à la Colle-Sur-Loup, donc j’ai grandi en les regardant rouler et en passant du temps sur les pistes avec eux. Au début, ce n’était pas forcément évident, parce que mes parents n’étaient pas très favorables à l’idée que je fasse du BMX. Ils trouvaient que c’était un sport trop dangereux pour moi, et ils avaient aussi l’image d’un sport plutôt “de garçons”. À force, ils ont fini par comprendre mon envie et accepter mon choix. Aujourd’hui, ils me soutiennent à 100 %.
Ma première compétition était à Dampierre en Burly, mon 1er club. C’était avec les garçons et j’étais la seule fille ! 

À quel moment la compétition est devenue une évidence pour toi ?

Ça a toujours été une évidence pour moi, même en dehors du bmx. J’aime le fait de me confronter aux autres et de chercher à progresser sans cesse. 

On dit souvent de toi que tu es très déterminée. D’où te vient cet état d’esprit ? 

Je pense que c’est un trait de caractère ! J’aime plus que tout me surpasser et c’est dans ma nature de me challenger.

Quel est ton objectif ultime aujourd’hui ?

Les JO of course ! Mais j’aimerais aussi contribuer à faire rayonner le sport féminin français au plus haut niveau. 

À Machecoul, tes chronos se rapprochent de ceux de Bethany Shriever. Tu compares parfois tes performances avec les élites ? 

Non pas vraiment, je me concentre plus sur mon chrono, en essayant de l’améliorer à chaque tour. 

À quel moment tu t’es dit : “ok, je peux aller très loin dans ce sport” ? 

Quand des personnes importantes pour moi et reconnues dans le milieu m’ont dit que c’était possible,
mais aussi à la suite de mes premiers résultats à l’international. 

Côté training, tu t’entraînes plutôt seule ou en groupe ? Quels sont les axes principaux de ton travail en ce moment ? 

Je m’entraîne en général seule avec mon frère. Je cherche à me perfectionner sur le format SX.

Est-ce que tu as un coach ou une structure spécifique ?

Je suis sans structure. C’est Charly Gaillard et mon frère Mathis Burgel qui gèrent mon entraînement et ma préparation.

Qu’est-ce qui a le plus fait progresser ton niveau ces dernières années ?

Un entraînement rigoureux et assidu, accompagné d’une envie d’aller encore plus loin ! 

On parle beaucoup de physique en BMX, mais la technique reste essentielle. Est-ce que tu penses qu’elle est parfois sous-estimée chez les Women ? Si on prend l’exemple de Mariana Pajón, elle était hyper fluide sur le vélo… et on peut dire que ça a payé !

Oui, je pense que la technique est parfois sous-estimée, pas seulement chez les femmes, mais en BMX en général. On parle souvent du physique alors que la technique est tout aussi importante.

Aujourd’hui, sur quoi tu travailles le plus techniquement ?

Je cherche à avoir un maximun d’aisance sur mon vélo, pour être le plus fluide et efficace possible, pour ne pas avoir de doute et me sentir au mieux. 

Tu es en sport-étude à Dijon : à quoi ressemble une semaine type pour toi ? Combien d’entraînements par semaine ? 

Étant sportive isolée, je m’entraine selon les possibilités que m’offre mon emploi du temps scolaire ! 
Je m’entraîne tous les jours de la semaine.  

Est-ce que c’est parfois compliqué de concilier études et haut niveau ? 

C’est pas toujours évident, mais je me suis fixée mes priorités donc je m’adapte ! 

Tu parles d’un “équilibre” grâce au sport : le BMX t’apporte quoi mentalement ?

Pour moi le bmx est un besoin, une motivation, une échappatoire qui fait partie de mon quotidien.

Tu viens de rejoindre Royalty BMX : comment s’est faite la connexion ? Est-ce que c’est Yvan Lapraz qui t’a contactée directement ?

J’étais à la recherche de sponsor pour ma nouvelle saison et lui à la recherche de pilote. Charly nous a mis en relation et Yvan m’a accordé sa confiance. Je me voyais bien sur un Royalty et j’ai toujours admiré le pilotage de Renaud Blanc qui roule depuis un moment avec !

Tu fais partie de la DN d’Aubervilliers BMX : pourquoi avoir fait ce choix ? Est-ce que tu avais d’autres propositions avant de t’engager avec eux ?
Qu’est-ce que cette structure t’apporte aujourd’hui dans ta progression ?

En effet j’ai eu plusieurs propositions et j’ai choisi celle qui me correspondait le mieux. Ils ont été bienveillants et à l’écoute, et je les remercie pour cet accueil. 
Je ne m’entraîne pas directement à Aubervilliers, je gère ma prépa de mon côté à Dijon.

Quelles sont les pilotes women qui t’inspirent le plus aujourd’hui ? 

Mariana a toujours été un exemple pour moi depuis petite ! 

En France, qui vois-tu comme ta plus grosse rivale dans les années à venir ?

Joker !

Sur les manches européennes, on te voit souvent batailler avec les Britanniques comme Challis et Rendall-Todd : comment tu analyses cette rivalité ? Est-ce que ce sont des filles que tu prends comme référence aujourd’hui ?

C’est très motivant et ça annonce de belles batailles dans la caté! Non, je les vois plus comme des concurrentes avec qui je vais pouvoir me confronter ! 

Est-ce que les Jeux olympiques 2028 font déjà partie de tes objectifs ? 

C’est forcément une idée qui traîne dans ma tête, et je vais tout mettre en œuvre pour y arriver !

Tu entres dans la catégorie U19 : qu’est-ce que ça change concrètement pour toi ? 

Hormis le format de piste, les objectifs restent les mêmes. Performer en prenant du plaisir !

Ton objectif 2026 inclut une sélection en équipe de France : tu en es où aujourd’hui dans ce projet ?

Je travaille pour ! 

Ton press book montre que la saison est coûteuse : c’est un aspect difficile à gérer ? Est-ce que tu recherches encore des partenaires aujourd’hui ? 

Oui c’est très compliqué mais l’aide de la DN cette année est un grand soutient pour soulager l’enveloppe… 
SEMC m’accompagne pour mon équipement, mais à l’heure d’aujourd’hui, je suis toujours à la recherche de sponsor pour équiper mon Royalty ! 

Où est-ce que tu te vois dans 2 ans ? Et dans 5 ans ?

Tout évolue très vite, donc je ne saurais pas te répondre. Je me concentre surtout sur le présent et sur le travail au quotidien.
Mon objectif, c’est de continuer à progresser et de voir où me mènent mes 2 années U19.
Je sais où je veux aller dans les grandes lignes, mais je préfère avancer étape par étape. 

Si tout se passe parfaitement, c’est quoi ta carrière idéale ?

Obtenir un maximum de titres et une médaille au JO ! 

Pour finir… Léonie Burgel en une phrase ? 

Je kiffe sur mon bike et je suis guidée par les objectifs que je me fixe !

Merci Léonie !

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